Je suis une entreprise

« San Francisco ressemble à Paris sur bien des aspects »

Certains étudiants de l’ETNA choisissent d’effectuer leur alternance au sein d’une start-up prometteuse et se retrouvent emportés dans une belle aventure. C’est le cas d’Antoine Gunzburger (ETNA promo 2019) qui, en rejoignant Phantombuster, a ainsi pu découvrir plusieurs accélérateurs/incubateurs de l’intérieur et même se rendre dans la sacro-sainte Mecque des professionnels de l’informatique : la Silicon Valley.

Peux-tu rappeler ce qu’est Phantombuster ?
Antoine Gunzburger : Pour bien comprendre, il faut d’abord rappeler une évidence : les business du monde entier ont un besoin de plus en plus fort en data, mais l’acquisition automatisée de cette donnée reste encore complexe du fait qu’elle se réalise au travers d‘APIs proposées par un nombre minime de sites Web. Voilà où intervient Phantombuster : pour pallier ce problème, la start-up a conçu un « API Store » sur lequel des marketeurs sont capables de récupérer des données et des développeurs de proposer les API qu’ils créent. Pour faire simple, l’entreprise se positionne comme un fournisseur d’APIs pour transformer le Web en base de données. Elle espère « API-fier » le Net !

Qu’apprécies-tu à l’ETNA ?
Déjà, le rythme de l’alternance proposé par l’école qui me convient bien, même si j’ai dû m’habituer au fait de devoir faire certaines de mes soutenances en vidéo via Skype ! Ce rythme me permet de rester concentré sur les projets à mener dans mon entreprise, Phantombuster, ce qui est un plus à mes yeux. Enfin, j’apprécie aussi l’alternance en elle-même, d’autant que je m’entends très bien avec mes patrons.

Parlons justement de ces soutenances par Skype. Si tu as dû les réaliser, c’est parce que ton entreprise t’avait emmené avec elle pour une expérience aux États-Unis…
Oui. Quand j’ai rejoint Phantombuster, elle était encore accompagnée au Numa à Paris. À l’époque, nous n’étions que trois : les deux cofondateurs, Guillaume Boiret le CEO et Martin Tapia le CTO, et moi. Par la suite, elle a migré chez un autre incubateur, IONIS 361, puis a voulu aller en Californie pour comprendre comment fonctionnait le business sur place et les attentes de ses utilisateurs potentiels. En effet, l’entreprise s’adressait alors principalement aux développeurs du monde entier… et donc en premier lieu à ceux des États-Unis qui, Silicon Valley comprise, représentent encore aujourd’hui notre plus grosse part de marché. Pour cela, elle a candidaté auprès de The Refiners, un programme d’accélération de trois mois créé par des Français afin d’aider les startups françaises à développer leur business aux États-Unis. Une fois sélectionnés, nous avons pu nous rendre en Californie pour prendre un maximum de contacts et de conseils. Depuis, nous sommes revenus à Paris pour intégrer une nouvelle structure, la Station F.

L’équipe de Phantombuster
Martin Tapia, Antoine Gunzburger, Guillaume Boiret et Nils Poirier

En tant que développeur, qu’as-tu pensé de la Silicon Valley ?
C’était vraiment une super expérience. Nous étions tous logés dans une grande maison, ce qui a permis à toute l’équipe, dirigeants comme employés, de resserrer ses liens. Finalement, San Francisco ressemble à Paris sur bien des aspects, ce qui permet de s’adapter assez bien finalement. Côté travail, c’était aussi quelque-chose de très formateur et passionnant : nous avons réalisé de nombreuses présentations dans un laps de temps réduit. Il a fallu vraiment se donner à fond car, aux États-Unis et à San Francisco en particulier, tout réside dans l’art du pitch. Il faut être capable de présenter sa société de la plus claire façon possible, raconter une histoire, partager sa vision. C’est ça que nous avons appris sur place. Il s’agissait d’aller au-delà de notre champ d’expertise pour voir plus grand et imaginer ce que l’on pourrait être en mesure de créer si, par exemple, Phantombuster représentait un million de développeurs et disposait d’un budget infini. Ce sont les rencontres faites sur place qui ont permis à l’entreprise de revenir en France avec un autre état d’esprit, encore plus conquérant !

Quel est ton rôle au sein de l’entreprise ?
La marketplace de Phantombuster a deux cibles : ceux qui « consomment » des APIs et ceux qui les développent. Aujourd’hui, l’entreprise fait principalement du marketing pour attirer les premiers, car nous développons nous-mêmes les APIs disponibles. C’est là que j’interviens : je réfléchis aux besoins des utilisateurs avec Guillaume et Martin, puis conçois ces fameuses APIs. Par contre, dans un futur proche, le store sera ouvert aux autres développeurs. Ma mission évoluera alors sur un second créneau consistant à créer les modules nécessaires permettant à ces développeurs d’être complètement indépendants dans la publication de leur APIs.


Trois questions à Guillaume Boiret, CEO de Phantombuster

Pourquoi ce nom de Phantombuster ?
Guillaume Boiret : À la base, nous utilisions une technologie open source très connue, PhantomJS. Aujourd’hui, PhantomJS a disparu et nous l’avons remplacé par Headless Chrome. Pour autant, nous avons gardé le « Phantom » comme un client d’œil à nos débuts et pour notre slogan « Si vous avez besoin de données, who you gonna call ? Phantombuster ! »

Pourquoi avoir fait confiance à Antoine pour faire grandir votre start-up ?
Étant moi-même un Ancien d’Epitech, j’avais déjà pu apprécier en tant qu’étudiant cette pédagogie présente dans les écoles technologiques du Groupe IONIS qui fait la part belle à la gestion de projet, à l’autonomie et à la rigueur. Je savais donc qu’en faisant appel à un étudiant de l’ETNA comme Antoine, j’allais pouvoir lui faire confiance !

Phantombuster a l’ambition « API-fier » le Net. Cela signifie qu’elle risque prochainement d’attirer d’autres étudiants actuels et futurs de l’ETNA ?
C’est fort possible car nous avons d’autres défis à relever. Par exemple, une fois que nous aurons atteint un certain nombre d’APIs dans notre store, la prochaine étape sera de développer un module permettant à un utilisateur de poser une question du type « je souhaite accéder une liste des étudiants des universités américaines et européennes ». Une fois la question posée, Phantombuster recherchera les APIs permettant de résoudre la requête et transmettra directement la réponse à l’utilisateur. Ce sera ça, un Web « API-fié ». Mais pour arriver à ce degré de technicité et de qualité, nous aurons besoin d’énormément d’ingénieurs et d’experts. Nous allons d’ailleurs réaliser prochainement une levée de fonds pour renforcer nos équipes marketing, commerciale et technique.

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